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Pourquoi le cul noir n’est pas une carence en calcium : comprendre la nécrose apicale

Comprendre en profondeur les causes de la nécrose apicale (« cul noir ») de la tomate
9 janvier 2026 par
barcelo.mickael@gmail.com

Pourquoi le cul noir n’est pas une carence en calcium : comprendre la nécrose apicale

Nécrose apicale

Exemple de tomate présentant une nécrose apicale, aussi appelée "cul noir" (tache brune nécrosée à l'extrémité du fruit).

La nécrose apicale, communément appelée cul noir chez la tomate, est un trouble physiologique fréquent qui se manifeste par une tache sombre et affaissée à l'extrémité inférieure du fruit. Contrairement à une maladie, il s'agit d'un désordre lié aux conditions de culture et à la physiologie de la plante. Les variétés à gros fruits ou à forme allongée (par ex. type San Marzano, Coeur de Boeuf) y sont particulièrement sensibles. Ce phénomène s'observe surtout par temps chaud et sec en été, et peut affecter une part importante de la récolte si aucune mesure n'est prise.

Causes du "cul noir" (nécrose apicale)

La nécrose apicale résulte d'une carence localisée en calcium dans les tissus du fruit, provoquant l'effondrement cellulaire et la mort des cellules à l'extrémité du fruit. Il est important de noter que cette carence n'est généralement pas due à un manque de calcium dans le sol, mais plutôt à une mauvaise absorption et distribution de cet élément dans la plante. En effet, même si la plante contient suffisamment de calcium, divers facteurs peuvent empêcher cet élément d'atteindre les fruits en développement. Des recherches récentes confirment que les causes sous-jacentes du "cul noir" sont liées à une perturbation de l'homéostasie du calcium chez la plante, combinée à des conditions d'arrosage irrégulières.

Plusieurs facteurs environnementaux contribuent à ce déséquilibre calcique. La survenue du "cul noir" est ainsi favorisée par divers stress abiotiques : un sol qui s'assèche entre les arrosages, une atmosphère trop humide (ou au contraire un air très sec) et des températures élevées perturbent le transport du calcium dans la plante. Par exemple, un déficit d'eau dans le sol réduit l'absorption du Ca par les racines, tandis qu'une forte évapotranspiration par temps chaud et sec dirige préférentiellement le calcium vers les feuilles au détriment des fruits.

La physiologie de la plante joue également un rôle. Des fruits de grande taille et à croissance très rapide (du fait de la variété ou d'une fertilisation azotée excessive) présentent un risque accru de nécrose apicale, car plus le fruit grossit vite, plus la teneur en calcium de ses tissus se dilue si l'absorption racinaire ne suit pas.

 

Passage technique

(Pour ceux qui ne veulent pas autant de détails, n'hésitez pas à passer au chapitre suivant)

Comprendre en profondeur les causes de la nécrose apicale (« cul noir ») de la tomate


1. Le rôle central du calcium dans la structure des tissus du fruit

Le calcium (Ca²⁺) est un élément essentiel à la cohésion et à la stabilité des membranes cellulaires. Dans le fruit, il est indispensable à plusieurs niveaux :

✔ Cohésion des parois via la pectine

Le Ca²⁺ se lie aux acides polygalacturoniques de la pectine pour former des ponts ioniques (modèle « egg-box » décrit par Grant et al., 1973).

→ Sans calcium, la paroi perd sa rigidité, les cellules se rompent et une zone nécrotique apparaît.

✔ Stabilité des membranes plasmiques

Un déficit en calcium augmente la perméabilité membranaire, provoquant fuite des ions et stress oxydatif.

→ Cela entraîne l'effondrement du tissu au niveau apical.

✔ Immobilité du calcium

Le Ca est peu mobile dans le phloème.

→ Une fois incorporé dans les feuilles, il ne peut quasiment pas être redistribué vers les fruits.

Ce point est essentiel pour comprendre pourquoi les pulvérisations foliaires sont inefficaces : le calcium appliqué sur les feuilles ne migre pas vers les fruits.

processus de nécrose apicale


2. Pourquoi le fruit manque-t-il localement de calcium ?

Le sol peut contenir beaucoup de calcium, mais le flux de Ca vers le fruit dépend entièrement de l'eau absorbée par les racines et transpirée par la plante.

✔ Le calcium circule presque exclusivement dans le xylème

Le fruit, surtout en croissance rapide, reçoit moins de flux xylémien qu’une feuille.

Les jeunes fruits sont initialement bien irrigués par le xylème, mais dès que le phloème prend le relais comme canal principal (phase d’accumulation des sucres), la fourniture en Ca diminue fortement.

S’il existe un stress hydrique au mauvais moment (10–20 jours après la nouaison), le transport de Ca chute brutalement.

✔ Priorité physiologique aux feuilles

Par fortes chaleurs, l’évapotranspiration foliaire explose.

Le calcium suit le flux transpiratoire dominant → il est dirigé vers les feuilles, pas vers les fruits.

Les fruits reçoivent alors des quantités insuffisantes.

✔ Dilution calcique dans les fruits à croissance rapide

Une croissance très rapide — favorisée par :

  • excès d’azote ammoniacal,
  • forte irrigation après un stress hydrique,
  • variétés à gros fruits —
    provoque une dilution du calcium dans les tissus du fruit.

3. Stress hydriques : le facteur le plus déterminant

✔ Alternance sécheresse / excès d’eau

C’est le déclencheur principal observé dans la littérature agronomique (Taylor & Locascio, 2004).

  • Sécheresse → arrêt de l’absorption de Ca.
  • Reprise brutale de l’irrigation → la croissance cellulaire repart plus vite que l’apport calcique.
    La zone apicale, la plus éloignée du pédoncule, devient déficitaire.

✔ Sols trop secs, peu tamponnés ou mal structurés

Les sols sableux, pauvres en matière organique, ou recouverts d’un mulch trop mince :

→ fluctuations brutales de la teneur en eau → fluctuations du flux de Ca.

✔ Concurrence ionique dans le sol

Le Ca²⁺ peut être bloqué par excès de :

  • K⁺ (potassium),
  • NH₄⁺ (ammonium),
  • Na⁺ (sodium).

Ces ions entrent en compétition au niveau des sites d’absorption racinaires (évidence démontrée par Saure, 2014).

→ Même avec 2000–3000 mg/kg de Ca dans le sol, le plant peut être fonctionnellement carencé.

4. Rôle du climat : températures élevées et humidité de l’air

✔ Températures élevées (> 30–32°C)

  • Accroissent la transpiration
  • Favorisent la croissance rapide du fruit
  • Réduisent la conductivité hydraulique du xylème

→ Tout ceci accentue le manque de Ca dans la zone apicale.

✔ Humidité de l’air trop faible

RH < 50 % → transpiration foliaire très forte → priorité du flux d’eau vers les feuilles.

✔ Humidité de l’air trop élevée en serre

RH > 85 % → transpiration faible → le flux xylémien ralentit → transport du calcium fortement réduit.

→ Le paradoxe : le cul noir peut apparaître en atmosphère trop humide.

5. Rôle du sol et de la microbiologie

✔ Structure du sol

Racines en manque d’oxygène (sols asphyxiants, trop lourds) → absorption radicale réduite.

✔ Mycorhizes

Certaines publications (Al-Karaki, 2013) montrent que les plantes mycorhizées absorbent mieux Ca et Mg.

→ Les sols pauvres en activité biologique augmentent donc le risque indirectement.

✔ pH du sol

  • pH < 5,5 → Ca devient moins disponible.
  • pH optimal pour la tomate : 6,3 – 6,8.

6. Facteurs variétaux et génétiques

Les variétés à risques sont celles :

  • à fruits allongés (San Marzano),
  • très gros fruits (Cœur de Bœuf),
  • croissance rapide,
  • cuticule fine.

Elles ont une distribution interne du calcium moins homogène que les petites variétés rondes.

En résumé (version très technique)

La nécrose apicale résulte d'une combinaison de facteurs qui provoquent :

  1. Une réduction du flux de Ca dans le xylème (stress hydriques, humidité, chaleur, salinité).
  2. Une compétition ionique au niveau des racines (excès K⁺, NH₄⁺).
  3. Une allocation prioritaire du Ca aux feuilles (transpiration élevée).
  4. Une dilution du Ca dans le fruit (croissance rapide).
  5. L’immobilité du Ca dans le phloème, empêchant toute correction ultérieure.
  6. Une fragilisation des membranes et de la pectine, conduisant à la mort tissulaire apicale.

 

Nécrose apicale. cul noir


Ouf... fin du chapitre technique !


Prévention et solutions pour éviter la nécrose apicale

Bien qu'un fruit atteint de nécrose apicale soit irrécupérable, on peut prévenir ce désordre sur les fruits suivants en améliorant les conditions de culture. Voici les principales mesures à mettre en œuvre pour éviter le "cul noir" des tomates :

  • Arrosage régulier et sol humide : Maintenez une humidité du sol aussi constante que possible, sans alternances de sécheresse et d'excès d'eau. Des arrosages fréquents et adaptés au climat sont essentiels ; ne laissez jamais le sol se dessécher complètement, surtout par forte chaleur. En période de canicule, il peut être nécessaire d'arroser deux fois par jour plutôt qu'une seule fois en grande quantité. L'utilisation d'un paillis (mulch) au pied des plants est également conseillée afin de conserver la fraîcheur du sol et de limiter l'évaporation. Enfin, assurez-vous que l'irrigation atteigne toute la zone racinaire pour encourager un enracinement profond, car seules les extrémités actives des racines absorbent le calcium.
  • Nutrition et croissance équilibrées : Évitez les apports excessifs d'engrais riches en azote ammoniacal (NH4+) ou en potasse (K) qui peuvent concurrencer l'absorption du calcium. Privilégiez des apports modérés et, si possible, des engrais à base de nitrate (NO3-) plutôt que d'ammonium, car le nitrate favorise la disponibilité du calcium pour la plante. Veillez aussi à maintenir un pH de sol autour de la neutralité (6,5), car un sol trop acide (pH < 6) réduit la disponibilité du calcium. Modérez également la vigueur de vos plants : une croissance trop rapide et luxuriante tend à aggraver le déséquilibre en calcium. Évitez les sur-fertilisations azotées, et n'hésitez pas à éliminer quelques fruits ou feuilles sur des plants très vigoureux afin d'équilibrer leur développement. Notez enfin que les pulvérisations de calcium sur le feuillage sont généralement peu efficaces, car le calcium se déplace mal des feuilles vers les fruits.
  • Maîtrise du climat (sous serre) : En culture protégée, contrôlez l'humidité et la température pour maintenir une transpiration optimale. Lors de fortes chaleurs, prévoyez de l'ombrage (toiles, chaulage des vitrages) ou de la brumisation pour éviter une transpiration excessive des plantes. À l'inverse, par temps frais et très humide, aérez et chauffez l'air modérément afin de réduire l'humidité ambiante : cela augmentera le flux de sève et donc l'apport de calcium aux fruits.

En synthèse, la nécrose apicale de la tomate est avant tout un problème de gestion de l'eau et de l'équilibre nutritif, qui entrave le transport du calcium jusqu'aux fruits. En maintenant une humidité régulière du sol, une fertilisation adaptée et une croissance maîtrisée des plants, on peut réduire considérablement le risque de "cul noir" sur les tomates.

nécrose apicale infographie


La greffe : une protection indirecte contre la nécrose apicale

La greffe est souvent présentée comme une solution « magique » à de nombreux problèmes de culture de la tomate. Concernant la nécrose apicale (cul noir), il est important d’être précis : la greffe ne protège pas directement contre ce désordre physiologique. La cause première du cul noir reste une défaillance d’approvisionnement en calcium des fruits, liée au flux de sève et aux conditions hydriques, non un défaut racinaire simple que la greffe “corrigerait” instantanément.

En revanche, la greffe peut jouer un rôle indirect mais réel dans la réduction du risque. Les porte-greffes sélectionnés pour la tomate présentent en effet :

  • un système racinaire plus puissant et plus profond,
  • une capacité d’absorption hydrique supérieure,
  • une meilleure tolérance aux stress (sécheresse, chaleur, salinité),
  • une continuité fonctionnelle du xylème plus efficace.

Ces caractéristiques permettent une alimentation hydrominérale plus régulière, donc un flux plus stable de calcium dans la plante. Cela ne garantit pas l’absence de cul noir — car des arrosages irréguliers, une fertilisation déséquilibrée ou une transpiration excessive peuvent toujours perturber la distribution du calcium — mais cela réduit la sensibilité de la plante aux fluctuations environnementales.


La greffe n’est pas une solution directe au cul noir, mais en améliorant la vigueur racinaire, la stabilité de l’alimentation en eau et la résilience globale de la plante, elle rend la tomate moins vulnérable aux conditions qui déclenchent la nécrose apicale.

 

Les “recettes miracles” contre le cul noir : pourquoi elles ne fonctionnent pas


cul noir remèdes


Disclaimer

« Que tonton Gérard, dans le Jura, enterre religieusement des coquilles d’œuf et n’ait jamais vu de cul noir ne démontre pas l’efficacité de la recette ; cela démontre surtout que ses tomates allaient très bien malgré les coquilles, pas grâce à elles. »

 

La nécrose apicale suscite de nombreuses “astuces” populaires, souvent bien intentionnées, mais aucune n’agit réellement sur le mécanisme physiologique responsable : le transport du calcium dans le xylème vers le fruit.

Voici une analyse rigoureuse, point par point, des techniques les plus répandues — et des raisons pour lesquelles elles échouent.

1. Les coquilles d’œuf

🔧 Principe supposé

Enterrer des coquilles broyées dans le sol pour “apporter du calcium”.

❌ Pourquoi cela ne fonctionne pas

Les coquilles d’œuf sont composées de carbonate de calcium (CaCO₃) sous forme cristalline très stable.

Elles mettent plusieurs années à se décomposer, parfois plus de 2–3 ans selon le pH du sol et son activité biologique.

Même finement broyées, leur solubilisation est extrêmement lente, bien plus lente que le cycle de croissance d’une tomate. Le calcium ainsi produit arrive trop tard et n’agit pas sur le flux xylémien, qui est la cause réelle du cul noir.

Elles peuvent être utiles pour corriger l’acidité sur le long terme, mais elles ne guérissent ni ne préviennent le cul noir à court terme.

« Les succès attribués aux coquilles d’œuf relèvent le plus souvent d’une confusion entre corrélation et causalité — un biais très répandu, y compris chez les jardiniers jurassiens les plus convaincus. »


2. Le lait dilué (pulvérisations foliaires ou arrosage)

🔧 Principe supposé

Le lait contiendrait du calcium assimilable ; pulvérisé sur le feuillage ou versé au pied, il “nourrirait” les fruits.

❌ Pourquoi cela ne fonctionne pas

  1. Le calcium ne migre pas du feuillage vers les fruits.
    Le Ca est immobile dans le phloème. Une feuille pulvérisée avec du lait peut absorber un peu de Ca… mais rien n’arrivera au fruit.
  2. Le calcium du lait n’entre pas dans la plante facilement.
    Le Ca laitier est majoritairement lié à la caséine, non soluble en ions biodisponibles.
  3. Les risques augmentent :

    • Fermentation du lait → développement fongique, bactérien.

Conclusion : Le lait n’a aucune efficacité physiologique sur le transport calcique vers le fruit.

3. Ne pas arroser les tomates (“il ne faut jamais arroser”)

🔧 Principe supposé

Le manque d’arrosage rend les tomates “plus fortes” et éviterait le cul noir.

❌ Pourquoi cela ne fonctionne pas

C’est l’exact contraire de la physiologie de la nécrose apicale.

Le calcium atteint les fruits uniquement via le flux d’eau dans le xylème.

→ Si on réduit l’arrosage :

  • l’absorption racinaire chute,
  • la transpiration diminue,
  • le transport du Ca diminue,
  • la zone apicale du fruit devient déficitaire.

Pire encore :

Les alternances sécheresse → réhydratation brutale sont le facteur nº1 déclencheur du cul noir.


4. Les poudres d’algues, lithothamne ou algues liquides

🔧 Principe supposé

Les algues contiennent du calcium et des oligo-éléments, donc “équilibrent” la plante.

❌ Pourquoi cela ne fonctionne pas

Le lithothamne ou les extraits d’algues peuvent :

  • augmenter légèrement le pH,
  • enrichir le sol en minéraux,

mais le calcium fourni n’agit pas sur le problème réel :

→ un défaut de distribution, pas de disponibilité.

Comme pour les autres apports calciques, si les conditions hydriques sont mauvaises, le Ca ne parvient toujours pas au fruit.

De plus, l’usage massif du lithothamne pose des problèmes écologiques (extraction destructrice des habitats marins).

5. La cendre de bois

🔧 Principe supposé

La cendre contient du potassium et du calcium, elle “renforce” les plants.

❌ Pourquoi cela ne fonctionne pas

La cendre est riche en potassium (K) : 10–30 %.

Et le K est antagoniste du Ca dans les sites d’absorption racinaires.

→ Ajouter de la cendre empire souvent la nécrose apicale en :

  • réduisant l’absorption du Ca²⁺ (compétition K+/Ca2+),
  • augmentant la salinité du sol,
  • perturbant l’osmose racinaire.

La cendre n’a donc aucune action bénéfique sur le cul noir, et peut même en augmenter la fréquence.

6. Les pulvérisations de calcium pur (nitrate de Ca, chélates, etc.)


🔧 Principe supposé

Pulvériser du calcium sur les fruits corrige la carence.

❌ Pourquoi cela ne fonctionne pas

  • Le Ca ne traverse la peau du fruit que de manière marginale.
  • Et même s’il y entrait, la zone nécrosée se situe à l’intérieur, dans les tissus sous-épidermiques.
  • Le Ca pulvérisé sur feuilles n’atteint jamais le fruit (immobilité phloémienne).

Les pulvérisations peuvent réduire très légèrement la sévérité si appliquées très tôt, mais jamais prévenir un épisode lié à l’arrosage ou aux températures.

Pour résumer simplement : « Compter sur une pulvérisation de calcium pour corriger le cul noir revient à peu près à espérer rajeunir une personne de 90 ans à coups de crème anti-rides : l’intervention est superficielle, tardive, et totalement déconnectée du mécanisme réel du problème. »

7. Ajouter du vinaigre, du yaourt, du marc de café, ou d’autres acides “pour libérer le calcium”

🔧 Principe supposé

L’acidité solubiliserait le calcium du sol.

❌ Pourquoi cela ne fonctionne pas

Ces ajouts modifient essentiellement :

  • le pH local (souvent trop fortement),
  • la microbiologie du sol.

Ils n’augmentent pas la vitesse d’entrée du Ca²⁺ dans le xylème et n’ont aucun effet sur les fruits en croissance.

Conclusion : le problème n’est jamais le manque de calcium dans le sol

Dans 95 % des cas mesurés scientifiquement, les sols touchés par le “cul noir” contiennent déjà beaucoup plus de calcium que nécessaire.

Le seul vrai problème est :

Un défaut de transport du calcium vers le fruit, dû à des irrégularités d’arrosage, de température ou d’équilibre ionique.

Aucune recette miracle ne corrige cela.

Les seules mesures réellement efficaces sont :

  • arrosage régulier et jamais alterné,
  • maîtrise de la vigueur,
  • fertilisation équilibrée (pas trop de K ou NH₄⁺),
  • climat homogène en serre,
  • sol vivant
  • variétés adaptées.

 

Classement des variétés allongées les moins sensibles à la nécrose apicale

 

Classement (non exhaustif des variétés les plus sensibles à la moins sensible au cul noir)

sabre ukrainien


  1. Tulip yellow (et  green Tulip): Une des tomate les plus sensibles à la nécrose apicale
  2. Buratino
  3. San Marzano
  4. Lucky tiger (c'est plus une "tomate olivette" qu'une "tomate cornue", mais elle reste sensible au cul noir)
  5. Roma (résistance "moyenne, mais gout très moyen également)
  6. Cuban peper like (résistance moyenne, mais goût unique!)
  7. Boxer rebellion CTR (bonne résistance)
  8. Blush 
  9. Tulip (très bonne résistance)
  10. Smiley worms
  11. Yellow fire (le meilleur compromis "goût/résistance")
  12. Sabre Ukrainien (une des variétés cornue les moins sensibles au cul noir)



Sources

  • bioactualites.chbioactualites.chbioactualites.ch Samuel Hauenstein, Nécroses apicales sur tomates et poivrons (FiBL, 2020) – Article technique détaillé qui explique les causes (carence calcique localisée, facteurs climatiques) et propose des mesures de prévention en maraîchage.
  • popups.uliege.bepopups.uliege.be Th. R'him & H. Jebari (2008), La nécrose apicale en relation avec certains paramètres... chez le piment – Étude scientifique montrant qu'une déficience locale en Ca dans le fruit, combinée à des facteurs comme l'humidité (air/sol) et la température, conduit au développement du BER (nécrose apicale).
  • pubmed.ncbi.nlm.nih.gov Y. Topcu et al. (2022), Blossom-end rot: a century-old problem in tomato – Revue scientifique confirmant que le BER est associé à une perturbation de l'homéostasie calcique et à des arrosages irréguliers.
  • A cellular hypothesis for the induction of blossom-end rot in tomato fruit LC Ho, PJ White - Annals of Botany, 2005 - academic.oup.com… • Background The incidence of blossom-end rot (BER) is generally associated with a calcium (Ca) deficiency in the distal portion of tomato fruits.

 






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